Lionel AUVERGNE, sculpteur
Du 29 mars au 1er juin 2025

« Miettes de temps »

 » Ce sont ces « miettes de temps » qui déterminent l’espace nécessaire à la forme pour s’épanouir, pour penser sa géométrie, pour lui laisser la chance d’une trace, comme celle que semble nous confier un petit météore traversant le ciel étoilé d’un soir d’été. Si son éclat fulgurant, unique à cet instant, semble nous dévoiler quelque faiblesse tant il est éphémère, c’est pourtant ce que lui confèrera toute son originalité dans la mémoire que nous en aurons, certains même esquisseront un voeu sur l’instant. Ces « miettes de temps » participent à mon sens d’un alphabet formel qui me permet de bâtir ma sculpture en prêtant une oreille attentive aux instants rêvés de la forme, un « presque-rien » aurait dit V. Jankélévitch. « La sculpture murmure, il faut l’écouter, elle a besoin du temps long pour résonner à nos sens ». J’ai choisi de présenter à Cabriès un ensemble de sculptures en plâtre. C’est un matériau que j’utilise au quotidien, il est simple dans sa composition chimique. Il a la vertu de réfléchir la lumière sans excès. Il s’épanouit dans l’espace en refoulant les reflets flatteurs. Ces plâtres, je les côtoie à l’atelier, ils veillent sur mes journées de travail, ce sont les sentinelles de mes émotions. Pour accompagner ce petit peuple immaculé, j’ai sélectionné une série de couleurs sur papier chiffon. Je perçois ces dessins telle une variation lumineuse qui accompagne ma sculpture pour l’entourer d’un chuchotement coloré.« 

 » Je suis né au bord de la méditerranée, à Nice. Enfant, assis sur les galets de la plage des marinières à Villefranche-sur-mer où j’habitais alors, je respirais l’horizon, les nuages au large qui caressent les brumes de chaleur, les couleurs qui se mélangent et qui dansent. Je me souviens d’une boîte de crayons de couleurs, peut-être d’un tube de peinture..! C’était parti pour me penser peintre. J’entrerai plus tard, tout d’abord à l’école de beaux arts de Reims puis à l’École Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris. Je découvre alors toute la richesse des collections du musée du Louvre, la touchante suite d’ateliers du musée Bourdelle et le panache de l’hôtel Biron, le célèbre musée Rodin. Je dois dire que toutes ces sculptures m’impressionnaient. J’ai eu rapidement le désir de parcourir cet univers, l’époque Romane et Gothique, les antiques à Athènes puis à Rome et toute l’Italie, avec la Toscane comme ultime quête. Il n’en fallut pas d’avantage pour me découvrir sculpteur plutôt que peintre. Mais il me reste le goût pour la couleur qui se traduit par une approche chromatique du dessin que j’emprunte au quattrocento italien, une période « enchantée ».« 

Lionel Auvergne

.

.

A découvrir